Tout savoir sur les évolutions du secteur financier

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Le secteur financier traverse une période de transformation en 2024, influencée par divers facteurs économiques et réglementaires. L’inflation persistante et la hausse des taux d’intérêt exercent une pression sur les banques, particulièrement sensibles aux risques liés aux prêts, notamment dans l’immobilier commercial et résidentiel. Les faillites bancaires observées aux États-Unis et en Suisse ont également amené les régulateurs européens à renforcer les tests de résistance pour garantir la solidité des institutions du secteur financier. 

Du côté de la réglementation, l’Autorité Bancaire Européenne se concentre sur des priorités telles que la mise en œuvre du CRR III (capital requirements regulation III), qui vise à renforcer la comparabilité des ratios de fonds propres entre les banques. Celles-ci devront également se préparer à des changements structurels liés à la digitalisation, notamment avec l’entrée en vigueur des régulations DORA et MICAR d’ici 2025. Des réglementations qui risquent d’impacter le secteur financier. 

 

L’impact de l’inflation sur le recrutement dans le secteur financier 

Pression sur les salaires 

L’inflation a un impact significatif sur le recrutement. Cette dernière a entraîné une augmentation du coût de la vie, ce qui incite les employés à demander des salaires plus élevés pour maintenir leur pouvoir d’achat. Les entreprises doivent donc ajuster leurs grilles salariales pour attirer et retenir les talents du secteur financier, ce qui peut représenter un défi, notamment pour les PME. De plus, ces augmentations salariales ne sont pas toujours alignées avec la productivité, créant ainsi des pressions financières supplémentaires pour les employeurs du secteur financier. 

Réduction des embauches 

Face à l’inflation, les entreprises cherchent souvent à réduire leurs coûts, y compris en limitant les nouvelles embauches. Cela peut se traduire par un gel des recrutements ou une réévaluation des postes à pourvoir, en se concentrant sur les rôles essentiels. En période d’incertitude économique, les entreprises du secteur financier privilégient des solutions temporaires, telles que l’embauche de contractuels ou des freelances, plutôt que des postes permanentes. 

Difficulté à fidéliser les talents 

En période d’inflation, les employés sont plus susceptibles de chercher des opportunités ailleurs pour obtenir des salaires plus compétitifs. Cela accroît le turnover au sein des entreprises, qui doivent redoubler d’efforts pour fidéliser leurs talents, par exemple en offrant des avantages non financiers (télétravail, flexibilité, etc.). 

En somme, l’inflation complique le recrutement du secteur financier, en perturbant les stratégies de rémunération et en intensifiant la concurrence pour les talents. Les entreprises doivent donc adopter des stratégies créatives pour attirer et retenir les meilleurs candidats dans un contexte économique difficile.

 

Tout savoir sur les futures régulations DORA et MICAR et leur impact sur le secteur financier 

Les régulations DORA (Digital Operational Resilience Act) et MiCAR (Markets in Crypto-Assets Regulation) sont deux cadres législatifs européens en cours de mise en œuvre, qui auront un impact majeur sur le secteur financier. 

DORA (Digital Operational Resilience Act) : 

DORA vise à renforcer la résilience opérationnelle numérique des institutions financières en Europe. Elle s’applique à un large éventail d’entités, dont les banques, les sociétés de gestion d’actifs, les fintechs, et les fournisseurs de services technologiques. L’objectif est de garantir que ces institutions puissent résister et répondre efficacement aux cyberattaques.  

Principales mesures : 

  • Surveillance renforcée des risques technologiques : Les entités du secteur financier devront mettre en place des systèmes robustes pour identifier, évaluer, et gérer les risques numériques. 
  • Tests de résilience : Des tests réguliers seront exigés pour évaluer la résistance aux cyberattaques. 
  • Fournisseurs tiers : DORA impose également des règles strictes pour les relations avec les prestataires de services externes, comme les fournisseurs de cloud, afin de limiter les risques liés à l’externalisation. 

Cette régulation imposera de nouvelles exigences de conformité pour les institutions financières, nécessitant des investissements dans la cybersécurité et la gestion des risques technologiques. Les entreprises devront adapter leurs systèmes et renforcer leurs capacités internes pour répondre aux normes de DORA, ce qui entraînera des coûts supplémentaires, mais offrira une meilleure protection contre les cybermenaces. 

MICAR (Markets in Crypto-Assets Regulation) : 

MICAR vise à encadrer le marché des crypto-actifs en Europe, en assurant la protection des investisseurs tout en favorisant l’innovation et en limitant les risques. Cette régulation est particulièrement attendue dans un contexte où les crypto-actifs connaissent une forte expansion, et où les régulateurs cherchent à réduire les risques associés à ce marché volatil. 

Principales mesures : 

  • Cadre clair pour les émetteurs de crypto-actifs : MICAR impose des obligations de transparence et d’information aux émetteurs de crypto-actifs, garantissant que les investisseurs disposent d’informations claires et précises. 
  • Réglementation des stablecoins : Des règles strictes sont prévues pour les stablecoins (cryptomonnaies indexées sur une monnaie fiduciaire), en raison de leur potentiel impact sur la stabilité du secteur financier. 
  • Surveillance des fournisseurs de services : Les plateformes de trading et autres services liés aux crypto-actifs devront se conformer à des exigences de sécurité, de gestion des risques, et de protection des investisseurs. 

MiCAR devrait renforcer la confiance et la sécurité sur le marché des crypto-actifs en Europe, tout en offrant un cadre réglementaire clair aux entreprises du secteur financier. Cependant, celles-ci devront se préparer à des exigences de conformité accrues, notamment en matière de transparence et de gestion des risques. Les deux régulations devraient être pleinement applicables d’ici 2025, et leur impact se fera sentir à long terme sur le fonctionnement des institutions financières et les fintechs en Europe. Ces régulations soulignent l’importance croissante de la technologie et de la cybersécurité dans le secteur financier européen.